vendredi 13 avril 2012

Lu: Le cherche-bonheur


 Ils sont vieux
Elle est très malade, lui atteint d'alzheimer. Ils pourraient être au calme, dans leur maison, à prendre soin loin de l'autre. Mais c'est sans compter sur sa détermination à elle.
Malgré l'interdiction des enfants, les voilà doncen route pour disneyland à bord du camping car familial..
En route vers leur passé, vers ce chemin de vie qu'ils ont fait ensemble, et cette envie d'être encore un couple et non une paire de vieillards qu'on dirige.
Un joli livre, de l'humain

mercredi 14 mars 2012

Une minute de silence...

Silence, ils souffrent!
Comme tous mes compatriotes, je me suis pris ce matin l'horreur de notre condition humaine en pleine poire, à l'heure du petit dèj, l'heure où on se demande de quoi aujourd'hui sera fait.
J'ai de la chance, notez. Je n'ai pas été réveillée par un coup de fil qui ficherait ma vie en l'air, je n'ai pas passé la nuit dans l'horreur et la douleur d'un parent qui perd son enfant.  Non, je suis juste une belge qui au réveil a entendu l'annonce de cet accident dans lequel 22 enfants et 6 adultes ont péri.
On est humains, mortels.. Mais quand même..
Et puis la radio a continué à expliquer le peu qu'ils en savaient, et j'ai senti les poils de ma nuque se hérisser en entendant un intervenant dire que cela avait été très difficile pour les sauveteurs de découvrir, je cite, "les corps torturés" des gamins.
Combien de parents, de grands-parents, de frères et de soeurs ont entendu en même temps que moi ces mots qui les hanteraient à jamais?

On est humains.. Fascinés par le morbide, et vas-y que je te vomis du gore au petit-dèj!
Aujourd'hui, j'ai donc eu la confirmation, si besoin en était, que parmi les journalistes qui s'affichent la mine sombre et la larme à l'oeil, il y avait pas mal de charognards, prêts à tout pour un gros titre..
"Les enfants ne criaient même plus" titrera un journal sur son édition en ligne..
La nausée..
"On peut constater du sang sur la porte du car, sans doute laissé par les enfants qui ont voulu s'enfuir" dira le journaliste lors de l'édition spéciale à la télé
Le dégoût, à nouveau..
Parce que l'image du car éventré est bien assez explicite pour qu'on n'aie pas besoin qu'on nous en remette un couche.
Une minute de silence, s'il vous plaît.. Pour penser à ceux qui souffrent, et pour que peut-être, quand les mots reviendront, ils se fassent plus sobres, et plus respectueux

samedi 31 décembre 2011

Le traditionnel bilan

C'est toujours un peu pareil, à l'approche des fatidiques douze coups de minuit. Je fais le bilan des jours écoulés et de cette année qui a une nouvelle fois filé à toute vitesse.. Adios 2011 donc.. Et je dois bien avouer que, cette année, je n'ai pas envie de changer de chiffre. J'ai aimé 2011, après une difficile année 2010, et un brin de superstition idiote me fait flipper à l'idée que peut-être est-ce une série: une année difficile sur deux. Je resterais donc bien en 2011 à titre personnel..

2011 c'était
- Enfin un peu de repos après une année éprouvante, même si tous les jours n'ont pas été roses, c'était quand même nettement moins dur que 2010!
- Le Sénégal! Mon rêve de môme de voir l'Afrique qui se concrétise enfin, et sous la forme dont je rêvais: vivre 10 jours dans un village, partager le quotidien des habitants de Gohé, m'imprégner de cette culture, cette ambiance.. L'Afrique envoûte.. Je l'ai toujours su, j'en ai eu la confirmation.. Et Gohé m'accompagne encore aujourd'hui, comme un souvenir bien plus puissant que n'importe quel autre
- Partager mes jours avec un homme que j'aime, profiter de petits riens, de nos délires, de nos soirées télé, de cette complicité qui grandit sans cesse. C'est bon de se savoir aimée..
- Commencer l'année à Rome, souper en terrasse et sans manteau un 3 janvier et en prendre plein les yeux et le coeur
- Voir grandir ma nièce
- Fêter les 50 ans de mariage de mes grands-parents et rêver face à ce mariage qui a traversé les années sans jamais sombrer, à l'heure où tout va tellement vite, où tout est éphémère
- Manquer de temps parfois, quand trop de choses sont à faire
- Un Pat'Carnaval côté piche!
- La Provence, encore et toujours, parce qu'on est un peu chez nous là-bas, et qu'on y est toujours aussi bien
- Ma voiture attaquée deux fois.. Et faire la découverte du monde judiciaire..
- De chouettes concerts (Calo, Lavoine, Tryo et le La Semo),  de chouettes spectacles (le dîner de cons, Kavanagh)
- Ma première expérience sur une scène, pour faire plaisir à cette élève particulière qui rêvait de faire jouer ses profs. Un petit sketch de 5 min, mais quel stress, et quelle joie au final!
- Mon projet 365, tenu plus ou moins quotidiennement. Un pari qui devient une habitude, un joli moyen de graver chaque jour.
- Des amitiés qui se construisent (Dom, Aline, Emilie, si vous passez par là...), avec d'autant plus de force qu'elles sont sereines et basées sur le respect de l'autre et la présence, d'autres que je retrouve (clin d'oeil à la demoiselle d'Angers et à une Brigitte mariée à présent)
- Des liens qui s'éloignent parfois.. Et me dire que c'est sans doute que c'est ainsi que les choses doivent se passer
- Et puis ceux qui jamais ne s'éloignent et sont toujours là, pour un café, pour un chinois, pour une balade boutiques, pour un souper, ou juste une papote sur fb ou en sms quand la distance nous empêche de nous voir autant qu'on le voudrait...
- Un anniversaire fêté en grande pompes, entourée de ceux que j'aime
- Découvrir enfin Prague, avec mon compagnon de route, et profiter de cette pause en amoureux comme d'une bulle d'air dans le quotidien
- Un gros travail sur moi, entre kinésio et psy, pour tenter enfin de dire aurevoir aux fantômes du passé, pour faire un bon ménage et espérer qu'enfin, en 2012, la sérénité vienne. Une année de mutation, d'intériorité parfois, à la découverte d'émotions trop longtemps mises sous clé. Les doutes, les peurs, et cette envie d'y croire, coûte que coûte.. Parce qu'il n'y a pas de raison que demain ne soit pas meilleur!
- Des soirs et des nuits de fête, un peu moins souvent qu'avant, et me dire que ce n'est pas plus mal, parce que les guindailles se savourent d'autant plus quand elles ne sont pas hebdomadaires, et que ça me va bien aussi, les soirées calmes à la maison. Et me rendre compte que je vieillis, à préférer un restau entre copines à une soirée endiablée, et que je suis beaucoup mieux comme ça.
- Voir passer les mois et les années, en me disant que définitivement, c'est à chaque fois mieux maintenant. Je suis contente de ne pas regretter le temps passer.. Le meilleur est toujours à venir..

Définitivement, 2011 était pour moi une belle année...
Même s'il n'en a pas été de même pour tous mes proches, même s'il y a eu des coups durs, des soirs noirs, des jours de colère, même si sur la scène nationale et internationale, elle a été l'année de tous les coups durs, moi, très égoïstement, je l'ai aimée..
Que je le veuille ou non, elle finit ce soir.
Et après le bilan, vient le temps des espoirs..

Mes souhaits pour 2012:
1) Quatre murs et un toit, sans voisin qui met à fond sa musique débile dès le matin, avec un jardin pour profiter des jours où le soleil perce la grisaille belge, un coin de terre où faire pousser des fleurs et des potirons

2) Le bout du tunnel, la fin des doutes et des peurs, la guérison, enfin...
3) Garder auprès de moi ces amis qui au quotidien me font la vie plus douce
4) Et savoir dire sereinement aurevoir à ce qui se meurt ou change, parce que la vie est ainsi faite
5) Me tenir à ma Wii et reprendre mon comptage de points, pour pouvoir à nouveau me trouver potable en photos.. 8kgs dans les dents en un an.. Arrêter enfin la nourriture-doudou
6) Profiter! Continuer ma redécouverte du goût des petits riens, danser dans mon salon, rire sous la pluie, avoir le coeur léger et la tête tout autant, arrêter de me stresser pour demain, dans un mois, dans 10 ans, et vivre enfin ici et maintenant.. Apprendre à relativiser.

Ca serait déjà pas mal :)
A ceux qui passent par ici, je souhaite une année sereine, une année joyeuse, une année douce

dimanche 18 décembre 2011

Citation du soir

"On cherche toujours des raisons à l’étroitesse affective de nos parents. On cherche toujours des raisons au manque d’amour qui nous ronge. Parfois il n’y a simplement rien dire. "
David Foenkinos, Les souvenirs

mercredi 14 décembre 2011

J'ai mal à mon humanité

Je suis quelqu'un qui aime les Hommes, j'ai toujours été comme ça.. Mais il y a des jours où j'ai du mal à ne pas vomir mon dégoût de mes congénères.
5 morts dont des gens dont la vie commençait,  plus de 100 blessés, autant de famille pour qui la vie a pris un autre tournant hier, parce qu'un homme avait la haine et qu'il a choisi de l'exprimer en balançant sur un abri bus des grenades, et puis de poursuivre son heure noire en tirant à tout va..
Liège plonge dans l'horreur, moi aussi.. Parce que je continue à me sentir un peu chez moi là bas, parce que Petit Frère y étudie et qu'ils sont nombreux, les anciens de l'école qui arpentent les trottoirs de la Cité Ardente..
Il est 13h, ce 13/12/11 et j'ai mal de voir que ce monde produit ce genre de folie..
Et puis cette bétise, que je ne peux m'empêcher de faire, d'aller lire les articles sur le net, et leurs commentaires. Une vague de haine, un ras de marée de propos xénophobes, racistes et haineux..
"Il est mort comme un chien, bien fait pour sa gueule" sous la photo du meurtrier allongé sur le sol.. On parle d'un être humain.. Même si ses actes sont monstrueux.
"Ben oui forcément, c'est encore un "bon belge""
Et c'est parti..
"Qu'ils rentrent chez eux"
Nordine Amrani, le tueur, est né en Belgique..
Medhi, 15 ans, une de ses victimes aussi.
Iront-ils jusqu'à dire qu'il n'avait qu'à être dans son pays, ça lui aurait évité de se faire flinguer?
Dommage collatéral a répondu un de ces "braves monsieurs" sans une pet d'ironie ou de second degré.
J'ai mal à mon  humanisme quand je lis la haine des humains, quand je vois qu'un acte haineux entraîne une marée de propos tout aussi haineux. Rejeter la haine en exhibant la sienne.. Où irons-nous? Et puis ce matin, des photos de profil où un "FN" s'affiche en grand.. Hier c'était une marque qui proposait un badge d'hommage où ils n'avaient pas omis de noter leur marque. Un peu de pub morbide ne tuera plus personne après tout^^
L'islamophobie est décidément de plus enracinée et de plus acceptée.. Merci Marine et ses amis.. A quand le retour des camps, et des délations des "bons belges" (encore une vaste blague que ce concept^^)??
« Il n'y a d'autre enfer pour l'homme que la bêtise ou la méchanceté de ses semblables. » disait le Marquis de Sade.. Les deux étaient présents en force hier.. Et dans quelques jours, ces mêmes personnes feront des sourires de Noël et vanteront les mérites de la fraternité..

mardi 22 novembre 2011

Semper Fidelis (*)

Telle est la devise du comité qui un soir d'octobre 2002 m'a baptisée.
Je donc une ex-bleuette, soit, selon Mr Laurent Louis, une nana qui a subi "Une longue suite de brimades plus pénibles les unes que les autres, destinées à soumettre les uns par rapport aux autres en les humiliant le plus possible au vu de tous"
J'ai survécu, je suis une guerrière, un ancien combattant..
Et même que j'ai ri, quand "gueule en terre", mon amie Delphine me faisait des grimaces pendant que les "poils" nous criait dessus.. J'ai ri aussi en préparant mes costumes, ri quand les comitards s'emmêlaient.
Et j'ai appris la solidarité, parce que les bleus sont solidaires, c'est bien connu.
Et de cette solidarité sont nées des amitiés qui aujourd'hui encore perdurent et ne perdent rien de leur force.
J'ai survécu, et j'ai appris que dans la vie il vaut parfois mieux fermer sa bouche et serrer les dents. J'ai appris que je pouvais me dépasser quand je m'étais fixé un objectif, que j'étais capable de prendre sur moi.
J'ai goûté à des mets qui plus jamais ne franchiront mes lèvres, je me suis baladée l'allure répugnante en chantant à tue-tête des chansons paillardes, j'ai fait peur aux bourgeois qui nous regardaient de derrière les fenêtres de leur restau branché en ce disant que "ce n'est quand même pas Dieu possible ma bonne dame que l'on fasse subir ça à ces pauvres êtres".
Peut-être ces gens étaient-ils des familiers de ce cher Mr Louis?

J'ai été une bleuette.. J'en ai parfois morflé.. J'en ai surtout beaucoup ri, et je ne crains pas que mon nez s'allonge quand j'affirme que la période des bleusailles est pour moi un bon souvenir..


J'ai été comitarde, Présidente de mon cercle même.. Mon but était donc, toujours selon Mr Louis,  "de martyriser pour rendre soit disant solidaire.  ".
Tremblez braves gens, aujourd'hui j'éduque vos enfants!
J'ai été comitarde, j'ai été présidente, j'ai crié sur de pauvres post-ados que j'avais placé dans une position que l'on dit humiliante. J'ai fait claquer mes chaussures au sol pour qu'ils se relèvent et me récitent la formule adéquate (j'imagine que l'on comparera ça au bruit des bottes..), j'ai préparé des potions ou des petits plats goûtus, j'en ai même fait pleurer, oui oui ma bonne dame, quand j'ai géré le stand psycho.
Je suis un monstre, sans aucun doute..
Un monstre que près de dix ans plus tard, ceux qu'elle a martyrisés saluent encore d'un grand sourire.. Certains m'invitent même à des soupers et me laissent porter leur enfant. Un syndrome de Stockholm, assurément.
J'ai été comitarde, et si j'ai fait perdurer ce que j'avais moi-même eu l'occasion de vivre, ce n'est pas par sadisme, mais parce que j'avais trouvé, dans l'expérience vécue, de quoi rendre ma vie plus belle, plus joyeuse.. Parce que les mots "camaraderie", "respect" et "tradition" avaient pris tout leur sens.
"Camaraderie", encore plus que les autres.. Ces amitiés qui durent, ces sourires croisés, les rires de coronaes ou de guindailles qui résonnent encore à mes oreilles, les souvenirs gravés, à jamais, dans ma mémoire. Parce qu'on était jeunes et cons et qu'on avait décidé de bouffer la vie avant qu'elle ne nous engloutisse dans le monde adulte.

Je suis une baptisée.. Et ma vie n'aurait pas été la même sans ça.. Et je n'aurais pas été la même sans ça.

Alors sans doute, peut-être, faut-il encadrer ces réjouissances, pour éviter que la fête tourne au cauchemar..
Mais supprimer purement et simplement ce que nous sommes si nombreux à nous réjouir d'avoir vécu..

"Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là"



PS: A ceux qui comparent les pratiques des baptisés à celles des nazis ou autres: avez-vous jamais vu un rescapé heureux de ce qu'il a vécu?
C'est là, je crois, que se trouve tout la nuance...


(*) "Fidèle à jamais "

dimanche 30 octobre 2011

Un printemps en automne

Aujourd'hui j'ai dansé dans mon salon...
Juste comme ça, parce que le générique du film que je venais de regarder pour commencer la journée en douceur s'y prêtait.
Aujourd'hui je me suis donc retrouvée me trémoussant en pyjama comme ça pour rien. Et tout aussi vite m'est venue la réflexion que ça faisait bien longtemps que ça ne m'était pas arrivé.
Comme de rire pour rien, la semaine dernière..
C'est anodin, ça fait même partie du quotidien pour certains.. Mais pour moi ce n'est pas rien. Parce que ça ressemble aux premiers rayons qui viennent percer le ciel gris d'une fin d'hiver, ou au premier perce-neige que l'on repère.. Ca ressemble au début de la fin de plusieurs mois froids et gris. Ca s'appelle la dépression.. Et pourtant j'ai eu de la chance, la mienne m'accordait encore des jours plus positifs. Mais jamais plus au point de rire pour rien ou de danser dans mon appart. Et j'en ai pris conscience ce matin. On dirait que le travail paye, que certaines choses cicatrisent ou s'apaisent.
Et j'espère que ce qui ressemble au début d'une pente ascendante durera, que je vais enfin pouvoir retrouver la Nie qui bouffait la vie que j'étais il y a deux ans, parce qu'elle me manque celle-la...
Un printemps en automne, en quelque sorte... On aura tout vu!